Voyage, partage & potage : Tour du Monde d'une eistienne

L'EISTI s'est entretenu avec Sandrine BONBOIS (Promo EISTI 2003), rentrée en septembre 2016, avec son conjoint Benoît, d’un tour du Monde qui a duré deux ans et qui a abouti à un véritable bijou, le site internet Voyage, Partage et Potage. Précis, très documenté et esthétique, il est une véritable incitation à la découverte tout en restant sobre et factuel.

Entretien...

Pouvez-vous nous résumer votre périple en quelques lignes ?
Comment le définiriez-vous ? Quelle a été votre ligne conductrice ?

Notre voyage nous a menés sur tous les continents, à la découverte de la grande diversité de notre planète. Nous avons alterné entre visiter les sites emblématiques d’un pays et nous perdre dans des contrées anonymes pour partager un morceau de vie avec des locaux.

Nous sommes partis en sac à dos en favorisant la rencontre avec les habitants (bus, train, stop, couchsurfing, volontariat, …)

Pour lier tout ça au fil des mois, nous nous sommes focalisés sur la culture alimentaire. Ce que les gens mangent, comment ils cuisinent et comment se passent les repas.

Notre périple s’est donc articulé autour du triptyque Voyage, Partage et Potage.

Qu’est-ce qui vous a décidés à sauter le pas et partir ? Etiez-vous déjà une voyageuse routarde ?

Je consacrais déjà presque toutes mes vacances à voyager à l’étranger, souvent en groupe et principalement en sac à dos. Je rêvais de pouvoir partir plus longtemps et de m’éloigner des sentiers touristiques. J’ai rencontré Benoît qui partageait ce même rêve et nous avons rapidement choisi de le concrétiser.

Vous êtes Ingénieur diplômé de l’EISTI. Pourquoi ce cursus ? Quelle spécialisation avez-vous choisie ? Qu’avez-vous fait une fois diplômée ?

J’avais choisi l’EISTI car je trouvais que l’école apportait un bel équilibre entre informatique et gestion. Je me suis spécialisée en Décisionnel des Systèmes d’Information. A ma sortie j’ai travaillé dans ce domaine chez des clients très variés pour le compte d’une société de services en région parisienne.

Combien de temps vous a pris la préparation du voyage ? Comment a-t-il été financé ?

Nous avons financé notre voyage sur les économies de nos années de travail. Nous l’avons préparé pendant 9 mois. Durant cette période, nous avons surtout travaillé sur tous les aspects administratifs liés au voyage (visa, banque, assurance, …) mais aussi à la préparation du retour (ce n’était pas le plus excitant mais ça nous a bien servis en rentrant).

Bien sûr nous avons esquissé notre itinéraire global pour savoir comment aller d’un pays à l’autre (frontières terrestres ou maritimes, durée des visas, saisons…) sans pour autant rentrer dans le détail de ce que nous ferions à l’intérieur de chaque pays. Ça on le découvrait sur place au fil de l’eau.

Comment voyage-t-on avec son regard d’ingénieur, dans votre façon d’appréhender le quotidien du voyage ?

Le voyage rêvé c’est partir vers l’inconnu, découvrir des endroits merveilleux et se laisser porter par les rencontres. Mais ce rêve peut vite être gâché par une arnaque de grand chemin ou un problème de papier. Anticiper les difficultés, comprendre le fonctionnement d’un pays, apprendre quelques mots et s’adapter à chaque situation, c’est là que nous avons utilisé notre côté « ingénieur ingénieux », comme dirait M. Fintz.

Avez-vous eu l’occasion de mettre certaines de vos connaissances en pratique ?

Les langues bien sûr au quotidien. Nous avons d’ailleurs appris l’espagnol pendant 6 mois avant de partir parce que les occasions de pratiquer notre allemand furent assez rares malheureusement.

Un peu d’informatique pour mettre en place un blog facile à administrer une fois sur la route.

Et puis la P.O.S.E ça sert dans toutes les situations !

Qu’est-ce qui s’est révélé le plus déstabilisant dans votre périple ?

Une plaque de glace trop fine sur une rivière gelée en Sibérie qu’on traversait à pied. Et Benoît s’est retrouvé dans l’eau glacée…

Plus sérieusement il y a quelques pays dont les codes sont très différents des nôtres. En Ethiopie, il est minuit quand le soleil se lève, soit 6h à notre montre et puis nous sommes en 2010 et l’alphabet local est indéchiffrable. Autant dire que pour prendre un billet de bus, c’est complexe.

L’Inde aussi est à contre-courant de nombreux de nos codes sociaux. Le décalage culturel y est fascinant. Et parfois déstabilisant.

Un merveilleux moment, si on ne devait en garder qu’un ?

Alors ce serait peut-être notre découverte de l’Antarctique, le jour où nous avons posé le pied sur ce territoire presque vierge, ou le jour où nous avons marché au milieu d’une colonie de 300 000 manchots ou encore celui où nous avons plongé dans l’océan au-delà du cercle polaire…

Comment s’est déroulé votre retour ?

Nous avons choisi de rentrer en cargo en traversant l’Atlantique. Ce lent périple de 15 jours loin de tout nous a permis une transition plus douce entre le voyage et l’après. Nous avons ainsi largement atténué le « choc » du retour.

Après quelques semaines avec famille et amis, nous avons retrouvé un travail dans le sud de la France, une région que nous ne connaissions pas. Une nouvelle aventure donc.

Qu’est-ce que ce voyage vous a appris ?

A lâcher prise, se défaire de ses a priori et faire confiance aux gens que l’on croise. C’est en acceptant d’aller vers l’inconnu et de s’en remettre aux autres que nous avons pu faire nos plus belles rencontres.

Y-aura-t-il une suite ? Rêvez-vous de repartir ?

Une suite de VPP, pas forcément, mais bien sûr qu’on rêve de repartir ! Quand, où, comment, l’avenir nous le dira.

Vous avez consacré une grosse partie de votre voyage à alimenter votre site, compilation de reportages que vous qualifiez de « socio-culinaires ». Il fait la part belle à la gastronomie avec deux focus originaux : les contraintes rencontrées par Benoît allergique à l’arachide et bien sûr les potages. Pourquoi cet intérêt pour la soupe ?

Parce que la soupe est un plat assez représentatif de l’esprit de notre voyage : on en mange aux quatre coins du monde, avec une variété infinie, c’est un plat simple, préparé avec des produits souvent locaux et c’est un plat qui se partage. Et puis potage ça rimait avec voyage.

Enfin, l’EISTI accorde énormément d’importance à la mobilité internationale (d’une durée minimale d’un semestre cumulé pendant les trois années du cursus école d’Ingénieurs) qui est conditionnelle à l’obtention du diplôme. Avez-vous trois conseils à prodiguer aux futurs eistiens globe-trotters ?

Quelle chance !

Osez faire des choix audacieux pour vivre une expérience encore plus enrichissante loin de votre référentiel culturel. C’est une belle occasion pour découvrir notre monde.

Le principal apprentissage de cette mobilité n’est pas académique mais humain. Alors ne restez pas entre vous et allez à la rencontre des locaux, profitez de cette opportunité pour découvrir comment vivent les gens ailleurs.

Et goûtez aux spécialités locales, les gens sont toujours heureux de faire découvrir leur cuisine.

Bref, voyagez, partagez et potagez !

Merci beaucoup.

Liens :
http://voyagepartageetpotage.com
https://www.facebook.com/voyagepartageetpotage/

Crédit photos : Sandrine Bonbois/Benoît Cornille, ABM.