Florian, élève-ingénieur au long cours

Rencontre avec Florian RAVON, élève-ingénieur de l'EISTI, passionné de sports nautiques, qui s'est lancé en juillet 2017 avec son équipe dans une véritable aventure de trois semaines : le Tour de France à la voile.

Florian, tu viens de boucler le Tour de France à la voile. Quand t'est venue la passion de la voile, depuis combien d'années la pratiques-tu ?

J'ai découvert la voile à l'âge de 6 ans au club de Gazelec à La Rochelle. J'ai tout de suite apprécié cette sensation d'évasion et de liberté que procure la navigation.

Par la suite, à l'âge de 12 ans, j'ai commencé la compétition au club de Chatelaillon Plage, club dans lequel je suis actuellement.

À mon entrée en seconde, j'ai alors pu intégrer le pôle espoir de La Rochelle, et par conséquent, courir sous les couleurs de la Région Poitou-Charente.

L'année suivante, j'ai été sélectionné dans l'équipe de France -19 ans, et je suis parvenu à me classer meilleur français et 5ème Mondial dans ma série.

Depuis mon passage en équipe de France, j'ai la volonté de transmettre ma passion à mes proches, mes amis et notamment à toute l'équipe de Voil'EISTI, association étudiante de l'EISTI dont je suis le président.

Tu es actuellement en école d'Ingénieurs. Comment concilie-t-on cette passion et son quotidien d'étudiants ? Réussis-tu à t'entraîner ?

Depuis mon arrivée à l'EISTI, en 2014, j'ai ralenti mon entraînement pour pouvoir consacrer plus de temps à mes études.

En première année de Prépa EISTI, j'avais totalement arrêté la voile. Progressivement, j'ai repris la compétition en deuxième année en terminant 5ème au national.

Suite à cette performance, une équipe du Tour de France m'a contacté afin de les rejoindre pour la saison 2015-2016.

C'est alors qu'en 2017, j'ai décidé de monter ma propre équipe. Bien entendu, c'est un projet que nous avons monté à plusieurs car, seul, c'est trop compliqué.

Désormais, je suis en deuxième année d'école d'Ingénieurs et j'essaye de trouver des liens entre ma passion et mes cours. Je pense que l'EISTI me permet d'adopter une nouvelle approche pour traiter les problèmes et m’a appris à développer mon ouverture d’esprit.

Depuis ton entrée à l'EISTI, as-tu converti des élèves à la voile ?

Depuis mon arrivée en 2014 à l'EISTI, j'ai eu la chance de participer à deux CCE (Course Croisière EDHEC), l'événement sportif étudiant le plus important d’Europe.

En 2015, Alexis DURAND était alors président de Voil'EISTI et il m'a offert l'opportunité d'aller à la CCE.

En 2017, j'ai repris la présidence de Voil'EISTI en compagnie d'Anastasia SIMON, Hortense DESIRE et Paul POSTIC. La plupart de notre équipe était débutante, et je crois sincèrement qu'ils ont pris goût à la navigation.

Pour la saison 2017-2018, l'association Voil'EISTI se développe sur les deux campus de l'EISTI, c'est-à-dire, aussi bien à Cergy qu'à Pau. Désormais, l'association compte pas moins de 22 personnes, c'est une association en plein développement.

Nous devons cela à Jérôme MORGES, directeur du campus de Cergy, qui nous a fortement soutenu dans nos démarches. Nous le devons également à SOPRA STERIA, partenaire historique de Voil'EISTI.

Parle-nous un peu de Charente-Maritime Sailing, ton équipe ?

L'équipe de Charente-Maritime Sailing est une équipe Jeune (-25 ans) sur le circuit Diam 24. Nous avons élaboré le projet de fondation d'équipe sportive à 3 personnes : Alexandre MOLINA (STAPS), Vianney SALVI (neurologie) et moi-même.

Par la suite, nous sommes devenus un groupe de sept personnes. Nous avons travaillé ensemble sur plusieurs points, en passant de la recherche de fond, à l'organisation de l'équipe. Nous avons appris à assurer une logistique, un programme d'entraînement et garder une bonne cohésion entre nous.

Il est vrai que nous avons eu des périodes plus difficiles que d'autres, mais nous sommes parvenus à concrétiser notre projet.

Comment vous êtes-vous rencontrés ?

J'ai rencontré Alexandre il y a 10 ans, au club de voile de Chatelaillon-Plage.

Nous formions à l'époque un équipage espoir, nous nous sommes entraînés et nous avons concourus contre les autres membres de l'équipe.

Cette rivalité était très saine. Nous nous sommes entraînés ensemble et nous avons fait de nombreux stages régionaux et nationaux.

L'aventure du Tour de France à la voile résulte d'une aventure en elle-même : la levée de fonds. Que retiens-tu de cette ténacité investie à trouver des financeurs ?

Il est vrai que la recherche de fonds est un véritable métier qui nous prend beaucoup de temps. Dès que j'avais un moment libre, j'en profitais pour m'isoler et appeler de nombreuses entreprises.

Nous avons eu beaucoup de personnes intéressées et motivées. Cependant, seul 10% des entreprises contactées nous ont soutenu dans notre projet.

Comme le disait Nelson MANDELA : " Je ne perds jamais, soit je gagne, soit j’apprends.”, cette citation est vraiment celle qui caractérise le mieux la recherche de partenaires.

Pour commencer, nous avons recherché principalement des partenaires financiers.

Puis dans un second temps, j'ai eu l'idée de partenariat en "nature", c'est à dire, une entreprise nous offrait des lots que nous donnions par la suite à d’autres partenaires. Par ce biais là, nous augmentons nos contreparties, et donc, nos chance de récolter de l'argent.

Tu seras prochainement Ingénieur diplômé en Génie Mathématique, dans quel domaine souhaites-tu t'orienter ?

Dans un premier temps, j'aimerais faire le double diplôme de management avec GEM. Je me dis que cette option offrira une corde de plus à mon arc.

Bien entendu, après l'EISTI, je compte devenir professionnel. Nous avons des contrats en discussion en ce moment même pour le devenir.

Quel métier envisages-tu d'exercer ?

Le domaine du nautisme est celui qui m'attire le plus.

J'espère qu'à long terme, mon diplôme d'Ingénieur me sera utile dans mon travail.

Mais dans un premier temps, il est clair que mon équipe et moi-même cherchons à nous professionnaliser.

Merci Florian et bon vent !