Dans les coulisses de l'eistikathon

En décembre 2018, l'EISTI organisait son tout premier Eistikathon en partenariat avec CAPFI. Des étudiants des campus de Cergy et de Pau ont eu vingt-quatre petites heures pour développer une solution permettant d'améliorer l'accessibilité aux personnes en situation de handicap dans les lieux publics. Judith et Clément, étudiants en première année d'école d'Ingénieurs, nous racontent leur tout premier hackathon.

Qu'est-ce qui vous a motivé à vous inscrire ?

 
Judith Au début j'hésitais parce que je ne pensais pas pouvoir apporter quelque chose à une équipe, mais après quelques semaines, j'ai fini par me dire que ce serait une bonne expérience et que ce ne serait pas forcément idiot de la vivre maintenant plutôt que l'année prochaine.
Clément Ce qui m'a grandement motivé, c'est le fait de programmer pendant 24 heures, et de réaliser quelque chose de concret en équipe.
 

Vous partiez forcément avec des atouts et des faiblesses ? Lesquels ?

 
Judith La faiblesse principale dans ma tête c'était que j'étais en première année de l'école d'Ingénieurs et que je venais d'une classe préparatoire en physique-chimie, donc la grande majorité de mon expérience en termes de programmation s'était faite à partir de septembre et  n'allait probablement pas être suffisante pour mener à bien un projet.
Par contre, je venais motivée, prête à apprendre si besoin et avec une habitude à passer des nuits blanches devant un écran qui m'a permis de bien tenir les 24 heures.
Clément Le but du projet était de développer une application androïd/IOS et je n'avais aucune connaissance sur ce sujet. Cependant, j'étais motivé à apprendre, et prêt à dépasser mes compétences. Finalement, la répartition a fait que notre équipe s'est occupée de l'architecture du projet (base de données, serveurs, dépôt Git, ...), ce qui était un point fort de notre groupe.
 

Comment se prépare t-on mentalement et physiquement à ce challenge de 24 heures ?

 
Judith Mentalement, je pense qu'il faut juste venir avec de la motivation et arriver à se convaincre qu'on peut toujours apporter quelque chose.
Physiquement, j'aimerais beaucoup dire "une bonne nuit de sommeil", mais ça n'a pas été mon cas, par contre la sieste réparatrice de 11h30 à 11h50 le jeudi est validée.
Clément Pour ma part, je ne me suis pas tellement préparé. J'étais surtout très curieux de savoir à quoi cela allait ressembler, motivé, et très impatient d'y être. Pour ce qui est de tenir 24 heures, on essaye de se coucher tôt la veille afin d'être en forme le lendemain, même si ça ne marche pas trop bien.
 

Dans quelle équipe étiez-vous ? Comment s'est-elle constituée ?

 
Judith J'étais dans l'équipe Meistique et l'histoire de sa constitution n'a rien d'incroyable : on devait remplir un tableau avec des équipes, et après quelques jours à se demander où s'inscrire, on a marqué nos noms avec Clément dans l'équipe encore vide, et on a attendu que d'autres s'inscrivent dans la même colonne.
On s'est donc tous vu pour la première fois en tant qu'équipe jeudi à midi.
Clément Avec Judith, on recherchait une équipe dans laquelle se placer. Mais en voyant qu'il restait encore un emplacement de libre pour une équipe, nous avons décidé de créer notre propre groupe à deux. Puis d'autres personnes se sont rajoutées, certaines que l'on connaissait, d'autres non. Finalement, non étions six dans notre équipe, dont cinq étudiants en première année et un seul étudiant de deuxième année.
 

Comment se sont réparties les tâches au sein du groupe ?

 
Judith Étonnement, ça s'est fait assez rapidement. Thep était à l'aise avec Git et Théo avec MySQL, Etienne et Clément s'occupaient des réunions et nous tenaient au courant. D'abord Maxime et moi, puis moi on s'est occupé de remplir la base de données.
En soit, ces rôles là se sont concrétisés les douze dernières heures, alors qu'on avait un but presque final en tête. Les douze premières, on se retrouvait souvent pour décider de comment on allait modéliser ce dont on avait besoin, après avoir réussi à déterminer ce dont on avait effectivement besoin.
Clément Au début des 24 heures, il a fallu choisir pour chaque équipe un Scrum Master et un Product Owner, deux rôles appartenant à la méthode AGILE. Cela permet de bien communiquer entre les équipes et de bien structurer les tâches à faire. Je suis donc devenu Scrum Master de mon équipe : je me chargeais de faire des comptes rendus aux autres équipes de notre avancement, et des comptes rendus à mon équipe de l'avancement des autres, ainsi que des tâches à faire. En parallèle, je travaillais aussi sur les tâches dues. Pour ce qui est des autres répartitions, celles-ci se sont faites naturellement suivant les affinités de chacun.
 
 

Avez-vous pu vous reposer quelques instants ?

 
Judith J'en ai eu l'occasion, mais sachant qu'en m'assoupissant 30 minutes j'allais finir plus fatiguée et de plus mauvaise humeur qu'avant, j'ai fini par faire une sieste d'1h à 9h le vendredi quand on nous a dit que notre partie était finie et qu'on n'avait plus besoin d'y toucher.
Clément La première sieste que j'ai fait était à minuit, pendant un petit quart d'heure. Puis j'en ai réalisé une autre d'une demi-heure dans la nuit, et enfin une dernière de 15 minutes juste avant la fin, pour être un peu "frais" pendant la remise de la récompense. Certains, eux, n'ont pas fermé l’œil une seule fois de la nuit, d'autres à l'inverse n'ont pas tenu.
 

Quels sont vos pires et vos meilleurs souvenirs ?

 
Judith En pire souvenir, je dirais les moments où on tournait en rond quand on essayait de trouver une modélisation qui nous convenait. À force de rester sur une table à ce que les partisans de chaque idée répète les mêmes arguments, on se fatigue et on n'avance pas, ce qui est pas forcément une sensation agréable quand on sait qu'on est limités dans le temps.
En meilleur souvenir, je ne pense pas en avoir un en particulier (à part les viennoiseries très appréciées à cinq heures du matin livrées par Jérôme Morges, le directeur délégué), l'ambiance générale était bonne, et mis à part certains moments de tensions, les 24 heures étaient agréables.
Clément Je n'ai pas de pire souvenir, même si j'ai eu un moment un peu moins bien que les autres : une petite période entre une et deux heures du matin où je ne me sentais pas trop bien (le manque de sommeil et le sucre). Mais après avoir été prendre l'air, c'est passé et je suis redevenu en pleine forme!
Globalement, tout l'événement a été pour moi un "meilleur souvenir". Tout, que ce soit l'ambiance, l'organisation, la gentillesse et le professionnalisme des membres de CAPFI, qui nous ont accompagnés pendant ces 24 heures, ou encore Jérome Morges qui est venu nous apporter des croissants à cinq heures du matin, tout s'est déroulé dans les meilleures conditions possibles.
 

Votre équipe est arrivée première, félicitations. Envisagez-vous de participer à d'autres hackathons ?

 
Judith Merci ! Personnellement, j'aimerais bien retenter l'expérience après avoir pris un peu plus d'expérience en programmation, ou si l'occasion se présente.
Clément Merci ! Pourquoi pas, si l'occasion se présente. En tout cas, ce qui est sûr, c'est que je re-signe immédiatement pour le prochain Eistikathon !
 

Qu'avez-vous tiré comme enseignement de ce challenge ?

 
Judith Plus de confiance et plus de patience.
Passer plusieurs heures à renseigner des points,sous formes de coordonnées à déterminer, m'a franchement fait réfléchir sur l'importance de faire les choses nécessaires, même si elles sont pas forcément ni passionnantes ni enrichissantes. Finalement, on a toujours un rôle dans l'équipe, et même un rôle dans le projet, et quel qu'il soit, il est tout aussi nécessaire que les autres.
Clément J'en ai tiré 2 choses :
  • travailler en grand nombre : ça change de travailler avec 50 personnes au lieu de 5 ! Il faut savoir être organisé et communiquer en continu, pour être sûr que tout le monde suit bien le plan de développement prévu. De plus, comme j'étais Scrum Master de mon équipe, cela m'a vraiment appris les outils de travail et de communication grâce à la méthode AGILE.
  • travailler sur (très) courte durée : comme nous n'avions que 24 heures pour coder notre application, nous devions aller à l'essentiel. C'est un très bon exercice pour vraiment analyser quelles sont les priorités, et ce qui doit faire partie ou non de notre application. Beaucoup des choix que nous avons fait se sont basés sur ce critère : le peu de temps que nous avions, ce qui apprend à penser différemment que pour les projets académiques.

Merci à tous les deux !

Meistique, l'équipe gagnante (photo : CAPFI)