Discours des 35 ans de l'EISTI

20 décembre 2018

Discours prononcé par Nesim Fintz à l'occasion de la célébration des 35 ans de l'EISTI.

 

Je suis aussi heureux qu’ému de vous voir si nombreux aujourd’hui pour fêter les 35 ans de l’EISTI.

Comme la plupart d’entre vous le sait, je dis souvent que je suis le père comblé de quatre fils et d’une fille, ma fille s’appelant EISTI.

Qu’il me soit tout d’abord permis de remercier la mère de mes 4 fils, Suzanne ou Suzy pour les intimes, qui a toujours été à mes côtés et a eu la bonté de considérer ma fille comme la sienne.

Je commencerai mon discours d’aujourd’hui en vous racontant la vie de ma fille.

Elle est née le 1er septembre 1983 sur le parvis des 3 Fontaines sous une très bonne étoile. En effet, elle a été gâtée durant ces 35 ans par des personnalités exceptionnelles que je citerai tout au long de mon discours.

En 1989, elle a obtenu sa reconnaissance par l’Etat qui a fait d’elle une recordwoman puisqu’elle a été la 1ère école privée à avoir cette reconnaissance en 6 ans. Je ne sais même pas si ce record a été égalé depuis. Cette même année, nous l’avons dotée de son 1er immeuble que nous appelons aujourd’hui Cauchy grâce à l’aide du Conseil Départemental du Val d’Oise présidé à l’époque par Jean-Philippe Lachenaud. Et surtout, nous lui avons prescrit des valeurs essentielles de vie regroupées dans une charte.

Elle avait 9 ans lorsque la Commission des Titres d’Ingénieurs l’a habilitée pour la première fois à délivrer le diplôme d’ingénieur.

En 2002, à 19 ans, elle assiste à son premier bal devenant membre de la CGE (Conférence des Grandes Ecoles) et de la CDEFI (Conférence des Directeurs des Ecoles Françaises d’Ingénieurs).

La même année, toujours avec l’aide du Conseil Départemental sous la présidence de François Scellier, elle acquière son deuxième bâtiment qu’on appelle aujourd’hui Condorcet.

Enfin, ma rencontre avec une personnalité d’exception, André Labarrère, lui a ouvert les portes de cette belle ville de Pau. Ville dans laquelle ma fille a commencé par louer une résidence secondaire.

En 2006 elle a intégré les Concours Communs Polytechniques.

Elle n’a que 24 ans lorsqu’elle devient membre fondateur du premier PRES du territoire Cergy University. C’est cette même année que la CTI renouvelle son habilitation pour la durée maximale de 6 ans.

En 2008, elle est courtisée par les entreprises qui créent cinq chaires. Cet amour des entreprises pour ma fille n’a cessé depuis puisqu’elle a été classée 1ère école d’ingénieur en insertion professionnelle en 2017 et 7ème en 2018 par l’Usine Nouvelle.

En 2009, elle prend possession d’un troisième bâtiment sur le campus de Cergy dénommé Turing. Elle est par ailleurs habilitée par la CTI pour deux spécialités, le génie mathématique et le génie informatique.

En 2010 elle obtient sa première certification ISO 9001 qui lui sera renouvelée tous les ans par la suite.

C’est en 2011, grâce à Alain Rousset, président du Conseil Régional d’Aquitaine et ancien Directeur de Cabinet d’André Labarrère, ainsi que Jean-Jacques Lasserre, président du Conseil Départemental des Pyrénées Atlantiques, qu’elle devient propriétaire d’un immeuble à Pau.

2013, l’année de ses 30 ans, elle voit son habilitation par la CTI renouvelée toujours pour 6 ans. Elle est aussi habilitée à délivrer deux Diplômes Nationaux de Master enseignés en anglais, l’un en Data Science et l’autre en Finance Quantitative.

En 2015, elle devient l’un des tout premiers EESPIG (Etablissement d’Enseignement Supérieur Privé d’Intérêt Général) grâce au travail acharné de Dominique Gillot.

En 2016 commence pour elle l’aventure de l’Initiative d’Excellence avec la complicité de trois personnalités d’exception, Jean-Michel Blanquer, Anne-Sophie Barthez et François Germinet, ainsi que de son père. C’est le début de ses fiançailles, fiançailles confirmés en 2017 lorsqu’elle devient lauréate de l’appel à projets I-Site avec l’UCP, l’ESSEC et l’ENSEA qui nous avait rejoint par la suite et qui a quitté l’Initiative depuis.

2017 est aussi l’année de la mise à disposition par le Conseil Départemental, présidé par Marie-Christine CAVECCHI, de 1200m², doublés l’année suivante, dans le bâtiment de la future Turbine que nous appelons Fermat.

Depuis quelques mois nous préparons activement son mariage. En effet, nous sommes en train de bâtir avec l’UCP un Grand Etablissement qui aura pour vocation de faire partie à horizon de 8 ans des 200 premières universités mondiales.

Je vois ma fille comme la reine de l’école d’ingénieurs de ce Grand Etablissement qui aura un flux d’entrées de 600 élèves ingénieurs dans 3 ans et plus de 1000 élèves ingénieurs dans 5 ans. Elle pourra ajouter à ses deux spécialités existantes, trois voire quatre autres d’ici deux ans. C’est ainsi qu’elle sera, en nombre d’élèves, l’une des 3 premières écoles d’ingénieurs françaises avec l’ENSAM et l’INSA de Lyon.

Si son mari l’enrichit de l’excellence de sa recherche et lui apporte un nombre important de HDR (habilités à diriger la recherche), d’enseignants chercheurs et de doctorants, la dote de ma fille n’est pas non plus négligeable puisque son service de relations avec les entreprises lui a permis les classements dont j’ai fait mention plus haut et lui a donné aussi la possibilité pour ses diplômés d’avoir un salaire moyen annuel de sortie de 42300€ d’après l’enquête 2018 de la CGE qui fait autorité en la matière.

Chers amis,

J’aimerais à présent vous parler de l’éducation de ma fille et avant toute chose des valeurs essentielles que nous lui avons enseignées et qui, aujourd’hui, à ma grande satisfaction, sont des valeurs partagées par l’ensemble de la famille Eistienne, les valeurs de notre charte.

  • L’éthique : rigueur de travail, honnêteté intellectuelle, moralité professionnelle et humanisme personnel fondent notre éthique. Se souvenir toujours que l’économie est au service de l’homme et non l’inverse, que l’argent n’est qu’un moyen et non une fin et que, dans ce monde trop souvent guidé par l’ivresse matérialiste et la cupidité du profit, moralité et vertu sont les seuls investissements à long terme. Notre éthique bannit les exclusions et les discriminations de toute nature et se fonde sur le seul mérite de l’intelligence, du travail et de l’humanité.
  • La solidarité est le ciment de la maison EISTI qui a fait sienne la phrase de          Montesquieu qui disait, « l’intérêt des particuliers se trouve dans l’intérêt commun, vouloir s’en séparer c’est vouloir se perdre ». Personne n’est resté au bord du chemin dans notre famille, la solidarité s’y est épanouie concrètement entre professeurs, entre élèves, entre promotions et selon des modalités très diverses. A l’inverse, l’égoïsme est la négation même de ce que nous enseignons. Aucune réussite personnelle et encore moins aucun échec ne nous retournent de cet élan qu’est le nôtre et du bonheur qu’il procure.
  • Parlons d’ouverture d’esprit, notre 3ème valeur. « Dans la vie, il y a deux catégories d’individus : ceux qui regardent le monde tel qu’il est et qui se demandent pourquoi ; et ceux qui imaginent le monde tel qu’il devrait être et qui se disent : pourquoi pas ?! » écrivait George Bernard Shaw. A l’EISTI, nous nous appliquons à former des gens qui pensent le monde tel qu’il devrait être. L’ouverture d’esprit nous évite la peur et le repli et nous offre cet élan intuitif vers autrui. Elle contourne les obstacles entre les hommes, ceux des cultures, des opinions ou des confessions. Elle demeure l’exigence pour chacun d’entre nous.
  • Le professionnalisme à l’EISTI est enseigné par nos professeurs qui ont pour devise la phrase de Jean-Jacques Rousseau qui leur suggère en évoquant les élèves : « Faites en vos égaux afin qu’ils le deviennent ». C’est à la lumière de cette devise que les Eistiens se sont vus offrir un savoir toujours plus pertinent de telle sorte qu’une fois diplômés, ces hommes et ces femmes studieux et talentueux deviennent progressivement libres et responsables de leur propre destin. Pour qu’alors ils soient sans crainte quant à leur avenir professionnel et sans arrogance vis-à-vis d’autrui. L’adhésion à cette valeur intemporelle est l’une des clés de voute de notre institution, l’une de nos signatures.

Ma fille est avant tout une fille des Lumières. Elle a fait sienne la devise des Lumières  Sapere Aude (oser penser). A la question « qu’est-ce que les Lumières ? Kant a répondu : « la sortie de l’homme de sa minorité dont il est lui-même responsable. Il entend par la minorité l’incapacité de se servir de son entendement sans la direction d’autrui ».

C’est en femme libre et responsable que ma fille est une fille des lumières. Elle a toujours su trouver sa direction grâce aux Lumières des sciences et non à l’illumination divine.

Ma fille chérit l’humanisme. L’humanisme pour elle, c’est la foi en l’homme et la confiance dans la nature humaine. C’est pour cela qu’elle a toujours mis l’élève au centre de ses préoccupations et qu’elle a essayé d’apporter à chacun d’entre eux une attention particulière. L’humanisme est aussi la recherche de la construction d’une société idéale. C’est ainsi qu’elle a passé pas mal de temps à lire Erasme, Rabelais et Montaigne.

Ma fille chérit aussi la laïcité. Elle considère que la laïcité est le pilier du respect, le respect des différences. Dans son amour pour la liberté, elle sait que la laïcité c’est la liberté de toutes les libertés. La laïcité n’exclut pas mais tâche de comprendre, elle n’interdit pas mais respecte toutes les convictions. C’est une flamme fragile qu’elle s’efforce de protéger des vents nourris par la folie de la haine. Elle sait aussi que la laïcité, en ce qu’elle accueille en son sein toutes les diversités en les transcendant en une communauté unie et unique, est fraternité.

C’est la laïcité qui a encouragé, en refondant le droit sur la conscience de ce qui est dû à tout être humain, sans distinction aucune, une égale liberté de choisir sa conduite comme son être.

Ma fille chérit enfin la culture. Elle sait que la culture s’accroit à mesure qu’elle est transmise et elle grandit par le fait même d’avoir été partagée. Tout le contraire d’un capital qui se divise aussitôt qu’il est partagé. Ma fille sait aussi que si la culture n’empêche pas l’homme d’être inhumain, l’inculture l’empêche d’être humain.

Elle est d’accord avec François Xavier Bellamy qui dit que « la culture est quelque chose que l’on doit transmettre et que le défaut de transmission est un crime contre l’humanité.

C’est curieux mais je suis fier de l’amour de ma fille pour la tradition et son refus d’une pseudo modernité qui la ringardise mais, en paraphrasant Mahler et Jaurès, je vous confirme que pour elle, la tradition consiste à nourrir la flamme et non à vénérer les cendres.

Chers amis,

Ma fille est française et fière de l’être. Elle n’a jamais oublié que c’est la générosité de la France qui a permis à son père d’être boursier suite à une décision du Général de Gaulle.

Elle est fière de la France qui, dès 1534, célèbre la part la plus humaine de l’homme avec Rabelais : sa dimension charnelle comme le note Raphaël Glucksmann.

Elle est fière de la France qui apprécie la beauté, l’intelligence, qui milite pour le droit, qui s’émerveille des progrès de la science et qui croit en l’enseignement de la connaissance. Comme le dit Philippe Val, la France qui est capable de dire « nous sommes l’autre », la capacité à faire sienne l’humanité dans son ensemble.

Elle est fière de la France qui a fait de Zola son idole, qui a pleuré à chaudes larmes l’enterrement de Victor Hugo, qui a admiré les musiciens noirs américains avant l’Amérique. Cette France qui a séparé l’Eglise de l’Etat, qui a institué les congés payés, qui a aboli la peine de mort, qui a permis l’émancipation de la femme, qui a produit les fables de la Fontaine, le théâtre de Molière et l’hymne à la liberté de Rousseau.

Mes chers amis, permettez-moi, à ce stade, un aparté avec ma fille.

Ma chère fille,

Je sens aujourd’hui l’émotion du père qui accompagne sa fille à l’autel. Je suis ému, certes, mais aussi confiant. Confiant car je sais que Radja prendra bien soin de toi. En effet, en plus d’avoir un CV remarquable, il a prouvé durant les quelques mois que j’ai pu travailler avec lui ses capacités d’écoute, ses décisions pertinentes et surtout sa bonne humeur. Et il aura à ses côtés un ancien, Jérôme Morges qui t’aime beaucoup.

Je suis confiant aussi car tu feras partie d’un Grand Etablissement qui aura pour patron un homme d’exception et qui a bien voulu me confier l’ambition qu’il avait pour ce dernier. Il œuvrera pour  une université internationale de la diversité tournée vers la société et de rang mondial.

Il sait que la diversité est la richesse du monde d’aujourd’hui et plus encore de celui de demain. Il sait aussi que cette université doit être tournée vers la société car, dans ce monde qui cherche ses réponses à l’intégration des enjeux technologiques et humains au cœur des apprentissages de haut niveau, une université de haut rang doit être au centre des réponses apportées à ces préoccupations.

Une université internationale enfin car dans ce monde devenu un village, l’interconnexion des continents doit se refléter dans l’image même de l’université.

Finalement cette université va porter au plus haut niveau trois champs disciplinaires :

  • Sciences et ingénierie
  • Sciences humaines et sociales
  • Management

trois pôles qui sont classés dans le top 100 mondial dans leurs principaux domaines d’excellence.

Et toi, ma chère fille, dans cet ensemble tu seras au centre de l’école d’ingénieur de tout premier rang en France et avec une très forte activité internationale principalement en Asie et en Afrique.

Tu changeras peut-être de nom d’ici quelques années, cela ne t’empêchera pas d’avoir une approche renouvelée pour l’ingénieur du 21ème siècle en constituant une chaine du type, la science par l’ingénierie, l’ingénierie par le design et le design par le souci de ceux qui nous entourent.

En attendant sache que je ne serai jamais loin et que je suivrai ton évolution avec plaisir et surtout avec amour.